Monde

DÉCLARATION DU CADD RELATIVE AU 70e ANNIVERSAIRE DE LA DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME

Le monde entier a fêté les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme le 10 décembre 2018 dernier. L’ONG CADD constate que le contenu de cette Déclaration est mal compris ou est rendu incompréhensible à certains peuples, si nous prenons l’exemple du peuple africain. Rappelons que cette déclaration qui n’a qu’une valeur morale mais qui a inspiré notamment le Pacte de l’ONU sur les droits civils et politiques, la Convention européenne des droits de l’Homme, résulte des désastres des guerres mondiales, ayant montré l’absurdité des protagonistes sur tous les plans. Le peuple noir n’a plus besoin de chercher du matin au soir les raisons qui ont conduit les Occidentaux auteurs de la traite des Noirs à systématiser l’esclavage et à utiliser la colonisation comme outil de destruction des us et coutumes des peuples dominés.

L’ONG CADD remarque, dans un premier temps, qu’en abolissant l’esclavage du peuple noir le monde aurait pu bénéficier d’un texte aussi beau comme l’est la Déclaration universelle des droits de l’Homme, que nous commémorons chaque 10 décembre. Nous retenons à cette étape que la cruauté de l’esclavage n’a pas éveillé la conscience des Occidentaux. Ce manque de conscience va d’ailleurs conduire les âmes cruelles (fouets et armes dans la main) à coloniser les peuples dominés. Coloniser est ici synonyme de bafouer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

L’ONG CADD fait un deuxième constat : le partage de l’Afrique en 1885, à Berlin, constitue une violation très grave des droits des peuples africains. Le grand historien Joseph Ki Zerbo disait que le grand tort que l’Afrique ait connu est la colonisation. Si la Déclaration universelle des droits de l’Homme constitue l’un des facteurs précurseurs qui a favorisé le vent des indépendances africaines, force est de constater que de 1948 à 1960, il a fallu 12 années pour qu’on commence à parler de pays indépendants en Afrique. Ce texte déclaré le 10 décembre 1948 n’a donc aucune considération pour les peuples africains. La preuve : très tôt, les décideurs occidentaux, garants des droits humains, vont assassiner tous les Pères des indépendances africaines, pour imposer leurs marionnettes au pouvoir et à la solde de l’Occident. C’est donc par ce biais que s’explique le néocolonialisme de nos jours.

En célébrant le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, l’ONG CADD dénonce le caractère universel de ce texte, qui ne protège en aucun cas les droits des Africains et qui n’a jamais été respecté par les régimes dictatoriaux imposés par certains pays occidentaux, les Seigneurs de la colonisation. La France, la « Nation-Mère » des Droits de l’Homme, en première position, est un pays qui viole les droits des nations africaines et les expose aux autres puissances qui, à leur tour, aggravent la situation en matière des droits des Africains.

En conclusion, l’ONG CADD dénonce les graves violations des droits des Africains par les pays occidentaux en incluant la Chine, l’Israël, l’Inde et d’autres pays qui œuvrent en sourdine (Canada, Brésil …). Tous les pays dictatoriaux en Afrique sont nourris et soutenus par les pays occidentaux cités plus haut. C’est la cause de la misère actuelle de notre continent africain, qui se caractérise par la fuite de l’intelligentsia africaine et l’augmentation du flux migratoire à travers les bateaux de fortune en mer Méditerranée.

CADD considère comme absurde le rapatriement forcé des Africains vers leurs pays d’origine où les Droits de l’Homme sont violés constamment par les Grandes puissances, complices de la situation dégradante du tissu social des peuples africains. La Suisse n’est pas épargnée car elle reste le pays qui applique plus l’accord de Dublin et où les renvois sont monnaie courante. Le cas des ressortissants d’Afrique de l’Est est d’actualité (Érythrée, Ethiopie, …)

CADD condamne le laxisme des institutions de défense des Droits de l’Homme à travers le monde comme l’ONU, à travers son Conseil des Droits de l’Homme ou la FIDH, dans le traitement des cas de violations des droits en Afrique.

L’ONG condamne vigoureusement l’armée togolaise qui, depuis le 19 août 2017, ne cesse de tirer à bout portant sur les populations togolaises en lutte pour leur liberté.

Sa condamnation en ce jour du 70ème anniversaire de la Déclaration des droits de l’Homme va également à l’encontre du Gal Félix Kadanga, chef d’État-major des FAT au Togo, qui a tiré (d’après des témoignages et vidéos sur cette forfaiture) sur Moufidou, un jeune mécanicien de 12 ans, en formation sur son lieu de travail le 7 décembre 2018. En la même date, un autre cas de décès fut enregistré au nom de Gado, 28 ans. Ils ont tous deux été abattus lors des manifestations contre l’organisation frauduleuse des législatives en cours au Togo. A ce nombre s’ajoute le cas des citoyens togolais tués à chaque soulèvement populaire contre le régime de Faure Gnassingbé de plus de 50 ans.

CADD lance un appel pressant aux organisations internationales, africaines, suisses et togolaises à œuvrer pour que cesse de couler le sang des africains et des Togolais épris de paix et de justice.

Kossivi Oyono Dagbenyo, Coordinateur International.

https://www.youtube.com/watch?v=d7SzXmUKpJE

https://www.youtube.com/watch?v=OwrFpdklC_I

https://www.youtube.com/watch?v=L4z_BSjJDTE

cadadm

Coordinateur et animateur interculturel, Passerelles Espace Rencontre Interculturel, Fribourg en Suisse. (depuis 2011). Programmation et animation des activités interculturelles, des événements culturels et sportifs Gestion de la comptabilité : budget de fonctionnement (entrée et sortie de la petite caisse) Gestion administrative de l’association, mise en place et conduite des projets Recherche de fonds